Qu’il
suscite l’éloge ou la critique, qu’il fasse
frémir ou sourire, Jean-Claude Vittoz, un nom bien connu
de la grimpe en région Liégeoise, est quelqu’un
qui ne laisse aucun grimpeur de glace. Par ses prises de positions
acérées, contre l’usage de la magnésie
et « le brochage tous les mètres cinquante par des
poseurs en collant qui deviennent verts dès que le clou
précédent s’éloigne de plus de deux
mètres », Jean-Claude ne s’est pas fait que
des amis. A l’inverse, en nettoyant de nombreux rochers,
en y ouvrant de nombreuses voies accessibles à une très
large majorité de grimpeurs, et en faisant découvrir
toute une série de nouveaux sites belges dans des articles,
il s’est attiré la sympathie de nombreuses personnes. Personnage haut en couleur de nos rochers, Jean-Claude commença a les fréquenter en 1967, à l’époque moins du tiers des voies actuelles de Belgique étaient ouvertes, la polémique de l’escalade « en jaune » égayait Ardenne et Alpes, et le VI sup était le plafond de la difficulté, au-delà duquel on entrait dans le monde de l’artif. Avec sa graduation que l’on peut caricaturer en A0 : tire-clou soutenu, A1 : les étriers deviennent nécessaires, A2 : même avec les étriers ça devient physique, A3 : c’est la totale et en plus ça ne tient pas fort ! C’est la grande époque des directissimes à travers tout, la grande mode de l’artif. Côté libre, on grimpe encore en rigides, les grattonages sont un must, les adhérences sont fastidieuses, et les coincement des pieds en fissure d’un grand confort. C’est en 1973, avec « la Thérèse », première voie ouverte à le dalle d’Esneux, que Jean-Claude va commencer à nettoyer et équiper des voies, il en est à 330 actuellement, ce qui est un records de notre pays depuis Claudio Barbier. il continue à grimper et à équiper sans relâche. Bonne grimpe, et si vous croisez un barbu à la gouaille généreuse tonitruant, n’ayez pas peur, c’est Jean-Claude Vittoz. Richard GREBEUDE
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| Le Réseau hydrologique du bassin mosan est jalonné de
parois rocheuses, leurs dents acérées lacèrent de
part en part le vieux massif ardennais. Du haut des ravins qu’elles
maintiennent béants elles s’amusent du torrent qui dévalent
les pentes en riant aux éclats.
Elles le suivent en aval jusqu’à la rivière lassée par ces jeux puérils, les lames de pierre géantes s’en vont alors, hautaines, se vautrer, telles les sirènes des légendes, sur les falaises du fleuve wallon. Aujourd’hui, elles feignent ignorer le va-et-vient des bateliers, mais leur doux chant séduit encore le voyageur qui sait les écouter. Comme Ulysse, Jean-Claude VIITOZ, tombé sous le charme des ses fabuleux rochers, il a échoué ses vingt ans. Plus de trente ans après, il n’est pas une semaine sans qu’il n’aille s’y suspendre et s’y accrocher, non pas pour les combattre, les conquérir ou les vaincre, mais pour mieux les entendre quand ils racontent leur histoire. Il ne cesse de les caresser, de les câliner. Il les connaît tous, il les appelle par leur nom et quand ils l’ont oublié dans la nuit des temps, il leur en invente. Il les cajole, les toilette, et leur crée des voies comme il dit, pour ne pas les blesser lors des étreinte de l’escalade. Vous l’aurez compris c’est bien d’une histoire d ‘amour qu’il s’agit.
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