
Lors de périodes hivernales rigoureuses et que toutes les conditions propices aux formations de cascades sont réunies, il est possible de pratiquer chez nous de l’escalade glaciaire.
Voici plusieurs endroits, susceptibles d’intéresser le « Glacièriste » il en existe d’autres bien sûr, mais en ce qui concerne ceux décrit ici, ils ont l’avantage de n’êtres distants les uns des autres que de quelques kilomètres.
Les condis :
Geler à -5 ou -10 ne suffit pas, il faut impérativement qu’il y ai eu au préalable une période de pluie qui va créer des ruissellements et alimenter de petites résurgences qui se déverseront sur la paroi. Bien sûr, les cascades pourront êtres figées ou gelées, sans pour cela avoir une épaisseur de glace suffisante pour cramponner.
Exemple :
Chanxhe en 2006, la paroi est gelée, mais l’épaisseur de glace est nettement insuffisante.

En janvier 1987, lors des premières à Chanxhe, nous avons eu la chance d’avoir des conditions exceptionnelles, de la pluie, du gel, lent dégel, suivi de gelées sévères entre -10°C et-12°C .
Cotations de l’escalade glaciaire :
http://www.grimporama.com/francais/technique/cotation.htm
http://ploum2.club.fr/glace/generalitespage.htm
Remarque :
Les clichés de Chanxhe sont d’époque, ce sont des diapositives reproduites en photos.
Particulièrement en automne, on remarquera les écoulements d’eau assez considérables qui suintent le long des rochers et qui sont bien évidemment propices à la formation de nos cascades.
Il faut aussi savoir, que la végétation reprend très vite ses droits et qu’il vous faudra sans nul doute, « faire le ménage » avant de pouvoir cramponner. (Braquet et sécateur pourrait vous êtres utiles)
Malheureusement, ces sites et ils ne sont pas les seuls, servent de dépotoir à une triste engeance qui y jette sans vergogne toutes sortes de saloperies.
« Il paraît que l’on peut juger et reconnaître une civilisation d’après le contenu de ses poubelles. Voila qui nous rassure sur la nôtre… »
Avertissement :
Tous ces lieux, sont situés dans des propriétés privées et sont potentiellement dangereux, vous les fréquentez à vos risques et périls. D’office, les grimpeurs déchargent les propriétaires de toutes responsabilités d’un éventuel accident et de ce qui pourrait résulter de la fréquentation du site et de la pratique de l’escalade en ces lieux.
Lors de votre éventuel passage, soyez des plus discret et bien sûr le port du casque est plus que recommandé. (Cela vaut pour tous les sites)
Les Cascades de Chanxhe
Les Cascades de Souverain-Pré
Situation et accès :
Liège- Sprimont-Chanxhe
IGN : 49/ ½
Coordonnées : X 237.750 Y 133.750
Passer le pont de Chanxhe et remonter la route vers Sprimont sur 600 mètres. Prendre la première rue à gauche ( rue Picopré ) puis un chemin carrossable ( sans issue) qui monte vers la gauche jusqu’à un bon emplacement de parking. Continuer à pied sur +/- 250 mètres jusqu’à la carrière.
Description :
Cette ancienne carrière présente une grande excavation, au fond du quel se dresse une austère paroi verticale, haute de 30 à 40 mètres et orientée au nord-ouest. A l’extrême gauche, elle forme un large dièdre d’une inclinaison variant de 60 à 80 degrés. Cette belle cascade fut baptisée, " T’es to Evôye " traduction approximative « t’es complètement cinglé » et tout à droite « la Grande Cascade ».
La face recèle trois petites cavités, de gauche à droite, la première est située à +/- 10 mètres du sol, la deuxième quelques mètres à côté, un rien plus bas et la troisième s’ouvre pratiquement à la base du rocher.
La carrière est coupée en deux par le chemin, dans la partie gauche (en montant) on arrive directement à un petit étang ou se déverse une cascade en paliers.
Un peu plus loin au fond d’un petit cirque on découvre une chute d’eau verticale, d’environ 6 mètres de hauteur. Lorsque celle-ci est en partie gelée, elle forme de superbes concrétions, sculptures éphémères façonnées par l’action subtile de l’eau, des embruns, du gel et du vent.
Ce 12 janvier 87, il fait -9°, nous jouissons d’une couche de glace solide, et de +/-20 à 30 cm d’épaisseur à certains endroits, une véritable aubaine. Nous débuteront par la cascade qui attire le plus notre attention « T’es to èvôye » Ensuite, j’entame en tête (téméraire et pour le moins risqué) l’escalade raide vers la première grotte, c’est avec un soulagement non dissimulé que je prendrais pied dans la cavité. Au total et tant bien que mal, nous gravirons 5 cascades différentes, ce jour là.
Il est à signaler, que pour ces premières, nous n’avions aucune expérience de l’escalade glaciaire, notre pratique se limitait uniquement aux courses de neige. De surcroît, nous n’avions pas de « Piolet Traction »
Nous avons donc utilisé un piolet « traditionnel » à manche droit, le second était un court de fabrication artisanale. Ce qui n’a évidemment pas facilité le franchissement de certains passages « Mes ti sais bin nos otes » Par la suite, nous seront nantis des révolutionnaires (pour l’époque) piolets Charlet- Moser Pulsar que nous utiliseront notamment, pour les cascades du Ry d’ Oneux et de Fairon.
Premières effectuées en janvier 1987, par Jean-Michel Finet et J-C Vittoz.
La Cascade du Ry d'Oneux
Liège- Esneux – Souverain-Pré
IGN : 49/ ½
Coordonnées : X 235.125 Y 134.825
Du pont d’Esneux (rive droite) emprunter la rue des Carabiniers, puis à droite la rue de la Station vers la Gombe et Souverain-Pré que l’on suit sur 1600 mètres. Tourner à gauche (Rue de Lincé ) vers Monfort et stationner immédiatement après le passage à niveau. Un sentier bien visible démarre sur la gauche et rejoint rapidement la carrière.
Suivre par la droite une sente qui longe le « lac » et qui monte facilement jusqu’au deuxième niveau. Atteindre la troisième plate-forme est plutôt merdique et laborieux, il est préférable d’accéder par le haut et de poser un rappel ; à vous de voir.
Description :
Cette ancienne carrière dénommée aussi « Carrière du Lac » forme une enclave d’environ 200 mètres de profondeur. Elle présente 4 niveaux, bordés sur la droite par une longue dalle inclinée. L’aire inférieure est occupée par un beau petit lac à l’eau limpide. Les niveaux deux, trois et supérieur offrent de bonne possibilités de cascades.
Orientée à l’ouest la paroi est verticale à déversée et accuse de 15 à 20 mètres de hauteur. Il n’est pas toujours facile d’assurer du haut sans frottements et/ou d’installer les moulinettes car, on l’aura deviné, gravir en tête ces stalactites et draperies de glace à la solidité précaire relève du suicide pur et simple.
Premières effectuées le15 janvier 2002 par G. Vanden Broeck et Kurt Pas.
Clichés : Ive Smits.
La Cascade de Fairon
Situation et accès :
Liège- Esneux
IGN : 49/ ½
Coordonnées : X 234.375 Y 134.175
Janvier 1987
J-M Finet et J-C Vittoz
En venant d’Esneux, sur la droite de la route de l’Ourthe, 200 mètres avant la bifurcation vers Villers-aux-Tours. L’accès est malaisé, par une pente d’éboulis encombrée de végétation. La cascade haute de 10 à 12 mètres est située au fond de la carrière
Situation et accès :
Liège- Comblain-Fairon
IGN : 49/ ½
Coordonnées : X 234.675 Y 134.440
Janvier 1987
J-M Finet et J-C Vittoz
Sur la droite de la route de l’Ourthe, à l’entrée de Comblain-Fairon (Garage Opel) et en face de la maison portant le n°8. On entre directement dans une ancienne carrière.
La cascade assez surplombante et d’une quinzaine de mètres de hauteur se situe au fond et à droite.

Bibliographie :
La Meuse - La Lanterne du jeudi 22 janvier 1987. G. Lecocq.
Itinéraires d’Escalades n°1 – 1989 – J-C Vittoz
Regards n°46 –UBS -2003 – J-C Vittoz
La Meuse Liège du mardi 7 avril 2009 – Nathalie Legrand