Li Rotche Del Vène

Situation et accès :
Liège-Ferrières-Sy
Coordonnées : X 232.800 Y 122.125
IGN : 49/5-6
Du Pont de Hamoir, remonter la côte de Filot sur +- 2km.Prendre à droite la route de Sy jusqu’à une bifurcation « l’Y » où on laisse les voitures. De là, Descendre le couloir abrupt jusqu’à la base du rocher. Pour la grotte des Français, emprunter le sentier des crêtes qui démarre sur la droite de la route, le suivre sur une centaine de mètres et après le premier couloir, descendre vers la grotte en tirant à gauche (voir plan d’ensemble)
La Grotte des Français
Si la Del Venne m’était contée…
Les rochers de Sy sont un lieu bien connu des grimpeurs, qui n’en connaissent tout de fois pas toujours l’histoire et l’origine des noms.
Cet important et beau groupe de rochers, se dresse dans un superbe cadre de verdure, le long de la rive droite de l’Ourthe sis sur la commune de Ferrière. C’est la plus vaste école de la vallée et la quatrième en importance du pays.
On compte 7 rochers en aval du village de Sy : Les Arêtes blanches, des Vignobles, du Tunnel, Des Trous, de la Vierge, du Nez, du Rail
9 sont situés en amont du village en rive gauche : Du Parking, en rive droite de la Chapelle, du Banc, de la Cathédrale, Paroi du Fond, de la Nandouire, Del Venne et la Grotte des Français, Arêtes blanches et grises et le Rocher Rouge.
Au total, 16 rochers d’une hauteur variant de 20 à 60 mètres mais, aujourd’hui seuls les Arêtes Blanches, Les Vignobles et la Vierge sont autorisés à l’escalade, les autres sont malheureusement interdits et certains devenus totalement impraticables car, encombrés par la végétation.
Mais, c’est de la « Del Venne » dont il s’agira ici et de l’origine de son appellation.
L’ORIGINE DES NOMS
Il faut remonter assez loin dans le temps pour retrouver la provenance du nom, approximativement à la fin du XVII début du XVIII siècle, bien que la navigation sur l’Ourthe se pratiquait bien avant 1436, date du premier document qui en fait mention.
Afin de pouvoir acheminer les divers produits locaux entre le cœur des Ardennes et la Meuse, on utilisais des embarcations à fond plat tout à fait spécifiques « Les Bètchètes » elle mesuraient +/- 15m de longueur, 2m de large et 80 cm de hauteur. La jauge et la forme des « Bètchètes » variaient selon qu’elles fussent destinées à la navigation sur l’Amblève ou l’Ourthe.
Pour que la navigation soit possible sur tout le parcours, on construisit à divers endroits des déversoirs ( vènes en Wallon) Ces barrages formaient des chutes d’eaux d’environ 1 mètre que les Bètchètes devaient franchir. Cette manœuvre plutôt risquée n’était qu’un jeu pour les bateliers de l’Ourthe ; aux endroits les plus spectaculaires, les promeneurs s’attardaient pour voir passer les hardis navigateurs qui, en vue del vène, se campaient sur leur bateau, fiers comme Artaban, franchissant l’obstacle avec une rare habilité, sous les embruns et les applaudissements du public ravi. Ils daignaient néanmoins porter la main à leurs grands chapeaux de feutre en guise de remerciements.
Mais revenons à l’essentiel. Il aurait existé, cela avec une presque certitude, un déversoir qui barrait la rivière à hauteur du rocher ; et c’est tout naturellement que les riverains le baptisèrent « Li Rotche del vène » (la Roche du déversoir)
Au fil du temps la prononciation et l’orthographe se sont quelque peu « francisés » devenant la Del Venne actuelle ou encore Delvenne en un mot, ce qui bien évidement est une lourde méprise.
La Grotte des Français, s’ouvre sur le versant amont de la Roche Del Venne située+/- au centre du rocher et sous le sommet, c’est une cavité à la formation plutôt particulière composée de calcaire givétien, elle étire sa longue « galerie » à flanc de massif. Dans sa partie centrale, elle forme une grande et pittoresque arcade, d’où l’on jouit d’un beau regard sur la vallée, cela particulièrement en hiver, en l’absence de végétation.
A cet endroit, et pratiquement en face de la salle du « Clair-Obscur », un aulne croit et se ramifie en passant au travers du « cratère » un orifice béant de 6 mètres de long sur deux de large, flanquée en plus de plusieurs lucarnes à jour, c’est en somme une grotte à ciel ouvert.
Lors de la deuxième guerre mondiale, un avion de la R.A.F ( Royal Air Force ) composé de 5 à 7 hommes d’équipage est abattu par la D.C.A. ennemie et s’écrase dans les champs dominant le village de Sy.
Les hommes en majorité des Français, parviennent à sauter en parachute. Immédiatement, les Allemands entament les recherches mais, fort heureusement, sont devancés par les résistants qui connaissent parfaitement le terrain et qui, devant le danger imminent emmène sans tergiverser les rescapés à la grotte où ils se cachèrent. Les Allemands ne les retrouveront jamais. Dès lors, la grotte pris le nom « Des Français »
FACE OUEST
Relativement isolé, c’est un magnifique bastion vertical d’une hauteur de +/-40 mètres, il est barré à mi-hauteur par un surplomb qui raye de biais pratiquement toute la face.
Pour mémoire :
De gauche à droite :
1. La Voie Duchesne : D.sup
André Capel J. Laloux - 1955.
2. La Face Ouest : 6a+
A Capel - M. Kempgens – 1955.
3. La Macralle : 6b+
C.Piraprez – C. Vondenhoff -1971.
4. La Directe de la Face Ouest : 5a
A. Leroy
5. Le Septième Cercle : D
J. Delderenne – 1968.
6. La Glandasse : 4c
J-M Gresse – J-C Jérome
7. L’Arête sud-Ouest : AD
La Valérie : 5c
J-P Vitone – 1970
Fissure surplombante qui raye le pied-droit gauche de l’arcade et sort par une lucarne.
FACE SUD-EST
Haute de +/- 35 mètres, 4 voies y furent tracées la première fut la « Voie 1934 » ouverte par René Mallieux, inutile de vous préciser l’année.
Une petite anecdote que m’avait confié René concernant l’ouverture de cette voie, quoique le fait n’était pas rare à l’époque : afin de se protéger des chutes de pierres nombreuses dans les fissures cheminées de la « 34 » les ouvreurs bourraient leurs bérets de vieux journaux.
Plus tard, dans les années 60, André Capel ouvrit La Rigole, Le Pont Romain et le Jardin Grimpant, aujourd’hui impraticables.
Bibliographie :
Guide des Rochers Belges - Vallée de l’Ourthe - C.A.B. – 1978.
Regards n° 21 –U.B.S. – 1995 - J-C Vittoz
